C’est souvent au moment de la déclaration de revenus que l’on découvre qu’un explorateur de blocs est un registre de ce qui s’est passé, pas un logiciel de comptabilité. Un export CSV depuis un explorateur Solana vous donne les dates, les signatures, les montants de tokens et les contreparties : une base solide. Ce qu’il ne vous donne généralement pas, c’est la valeur de chaque transaction au moment où elle a eu lieu, alors que c’est précisément le chiffre qui intéresse la plupart des règles fiscales. Ce guide montre quel explorateur exporte quoi, où trouver des prix historiques, et comment rapprocher les événements propres à Solana (swaps, airdrops, récompenses de staking, rent) qui piègent les tableurs.
Pas un conseil fiscal : cette page explique comment obtenir des relevés propres depuis les explorateurs Solana. Elle ne dit pas comment une transaction est imposée. Les règles varient selon les pays et évoluent : consultez votre administration fiscale (DGFiP en France, SPF Finances en Belgique, administration cantonale en Suisse) et un professionnel qualifié.
Quel explorateur Solana permet d’exporter ses transactions en CSV ?
Solscan est le principal explorateur Solana à proposer un export CSV documenté. D’après la documentation CSV de Solscan, vous ouvrez la page d’une adresse, allez dans l’onglet Transfers (ou Token/Holders pour un token), cliquez sur Export to CSV, passez un CAPTCHA, choisissez le type de transaction et la période, puis téléchargez le fichier.
Deux limites comptent. D’abord, les données de Solscan ne remontent qu’au 7 juillet 2021 : les portefeuilles actifs avant cette date ont besoin d’une autre source pour leur historique ancien. Ensuite, les grandes périodes peuvent expirer ; la parade consiste à exporter des périodes plus courtes (un trimestre ou un mois à la fois) puis à fusionner les fichiers.
L’explorateur officiel Solana Explorer, géré par la Solana Foundation, est excellent pour examiner une transaction à la fois, mais il n’est pas conçu pour l’export en masse. Il en va de même pour la plupart des autres explorateurs de notre classement des meilleurs explorateurs Solana : ils sont faits pour lire, pas pour tenir une comptabilité. Si vous avez besoin de toutes vos transactions par programme, la voie passe par la méthode RPC getSignaturesForAddress associée à getTransaction, décrite dans notre guide des API d’explorateurs Solana.
Ce que capture un export de transferts, et ce qu’il rate
Une liste de transferts montre les mouvements de SOL et de tokens entrant et sortant de votre adresse. Elle ne dit pas toujours pourquoi ils ont bougé. Un swap sur un DEX apparaît comme un token qui sort et un autre qui entre ; un dépôt de liquidité peut ressembler à deux tokens qui sortent et un token de reçu qui arrive. Il vous faudra ouvrir certaines signatures une à une pour les qualifier correctement, et c’est là que notre guide de l’explorateur de transactions vous aide.
Un explorateur Solana affiche-t-il la valeur au moment de la transaction ?
Le plus souvent, non. La blockchain stocke des montants en lamports (1 SOL = 1 000 000 000 lamports) et en unités de base de tokens, jamais en dollars ni en euros. Toute valeur en USD affichée par un explorateur provient d’un flux de prix externe qu’il ajoute par-dessus.
Il y a là un piège. Beaucoup de pages affichent la valeur en USD des soldes ou des tokens d’un portefeuille au prix actuel. C’est utile pour suivre un portefeuille, inutile pour documenter une opération de mars dernier. Quand vous voyez une valeur en dollars à côté d’un ancien transfert, regardez si elle change quand vous rechargez la page le lendemain : si elle suit le marché, c’est le prix du jour, pas le prix historique.
Pourquoi les explorateurs laissent de côté les prix historiques
Les explorateurs indexent l’état on-chain. Les prix historiques exigent un jeu de données distinct : des cours minute par minute ou journaliers pour des milliers de tokens, dont beaucoup n’ont été échangés que dans un seul pool de DEX peu liquide. Pour un memecoin de la longue traîne, « le prix au moment de la transaction » n’est même pas toujours bien défini, puisque plusieurs pools pouvaient afficher des prix différents dans le même slot. Les explorateurs laissent raisonnablement ce problème aux fournisseurs de prix et aux outils fiscaux.
Où trouver des prix historiques
Pour le SOL et les grands tokens comme USDC, USDT, JUP ou BONK, des fournisseurs de données de marché comme CoinGecko publient des graphiques de prix historiques, que les logiciels fiscaux crypto récupèrent automatiquement, y compris en euros. Pour les tokens peu échangés, le swap lui-même est souvent votre meilleure preuve : si vous avez échangé 2 SOL contre 50 000 tokens, la valeur du SOL à cet instant donne implicitement celle du token. Les données de paires des sites d’analyse DEX (voir notre guide des explorateurs DeFi Solana) peuvent vous aider à vérifier la cohérence. Notez toujours la source de prix utilisée, et tenez-vous-y.

Les bases du prix de revient pour les utilisateurs de Solana
Le prix de revient (ou prix d’acquisition) est ce que vous avez payé pour acquérir un actif, généralement dans votre monnaie locale, y compris les frais que vos règles fiscales permettent d’ajouter. Quand vous vendez, échangez ou dépensez cet actif, la plus-value ou moins-value correspond en général à la valeur reçue moins ce prix de revient. Les détails (quels lots sont réputés cédés en premier, quels frais comptent, comment fonctionne une méthode globale) dépendent entièrement de votre pays. En France, par exemple, le calcul des plus-values sur actifs numériques suit des règles propres, décrites par la DGFiP sur impots.gouv.fr ; la Belgique et la Suisse ont chacune leur approche.
Pour Solana, chaque acquisition doit donc figurer dans vos relevés avec trois éléments : la date et l’heure (le blockTime de la transaction), le montant, et la valeur dans votre monnaie à cet instant, en euros ou en francs suisses. Les explorateurs vous donnent les deux premiers. Le troisième vient de votre source de prix.
Les frais méritent une ligne à part. Chaque transaction Solana paie des frais de base de 5 000 lamports par signature, plus d’éventuels frais de priorité, comme l’explique la documentation officielle sur les frais. Ce sont des montants minimes, mais un portefeuille de trading peut les payer des milliers de fois. L’explorateur affiche le montant exact des frais sur chaque page de transaction, et un bon logiciel fiscal les importe automatiquement.
Rapprocher swaps, airdrops, récompenses de staking et rent
Solana compte quelques types d’événements déroutants dans un export brut. Le tableau résume ce que vous verrez généralement et ce qu’il faut noter.
| Événement | Ce que montre l’export | Ce qu’il faut noter |
|---|---|---|
| Swap sur DEX | Un token sort, un autre entre | Les deux côtés, valeur au swap |
| Airdrop | Tokens reçus, aucun paiement | Date de réception, valeur alors |
| Récompense de staking natif | Souvent rien dans les transferts | Récompenses par époque du compte de stake |
| Wrapping de SOL | SOL sort, wSOL entre | Conversion interne en général |
| Rent d’un compte de token | Petit SOL sortant, rendu plus tard | Dépôt, remboursé à la fermeture |
Swaps. Un swap via Jupiter ou un DEX est une transaction à deux jambes. Qualifiez-le comme la cession d’un actif et l’acquisition d’un autre, tous deux valorisés au même instant.
Airdrops. Un airdrop arrive comme un simple transfert entrant. Vérifiez l’adresse de mint avant de l’enregistrer : des tokens frauduleux sont envoyés en permanence vers les portefeuilles pour attirer leurs détenteurs sur des sites de phishing, et un token de spam sans valeur n’a pas à être échangé ni valorisé à un prix imaginaire.
Récompenses de staking. Les récompenses de staking natif sont créditées sur le compte de stake à chaque changement d’époque, sans transaction envoyée vers votre portefeuille. Une époque compte 432 000 slots, soit environ 32 heures en septembre 2026. Pour les voir, ouvrez le compte de stake dans un explorateur et consultez son historique de récompenses, ou utilisez la méthode RPC getInflationReward. Notre guide des explorateurs de validateurs et de staking détaille le fonctionnement des comptes de stake.
SOL wrappé. Beaucoup de swaps convertissent le SOL en wSOL (mint So11111111111111111111111111111111111111112) puis le reconvertissent ensuite. Dans la plupart des relevés, il s’agit d’une conversion entre deux formes du même actif plutôt que d’un échange, mais suivez les règles de votre pays.
Rent. La création d’un compte de token bloque un dépôt d’exemption de rent, environ 0,00148844 SOL pour un compte de token standard de 165 octets au moment où nous écrivons, d’après les valeurs RPC en direct. Vous le récupérez à la fermeture du compte. Dans un export, cela se traduit par de petits mouvements de SOL inexpliqués ; c’est un dépôt remboursable, pas un achat.
Logiciel fiscal crypto : l’étape pratique suivante
Au-delà de quelques transactions, un logiciel fiscal crypto est la solution réaliste. Ces outils importent vos adresses de portefeuille (ou les CSV de l’explorateur), utilisent leurs propres indexeurs pour récupérer l’historique complet, ajoutent les prix historiques et appliquent la méthode de calcul du prix de revient adaptée à votre pays. Vérifiez qu’il gère bien les règles françaises, belges ou suisses avant de vous y fier.
L’explorateur garde un rôle. Les outils fiscaux se trompent de catégorie, surtout sur les transactions DeFi complexes, les positions de liquidité et les tokens de spam. Quand une ligne de votre rapport paraît fausse, copiez sa signature et ouvrez-la dans un explorateur, ou collez la signature dans notre outil de recherche pour voir les vraies variations de soldes, les frais et l’horodatage. Corrigez la qualification dans le logiciel, pas dans un tableur que vous oublierez.
Une méthode rapide qui convient à la plupart des gens :
- Listez toutes les adresses de portefeuille que vous avez contrôlées pendant l’année, y compris les anciennes et les portefeuilles matériels.
- Importez-les dans votre logiciel fiscal et laissez-le se synchroniser.
- Exportez un CSV Solscan pour chaque adresse comme contre-vérification indépendante.
- Examinez une à une, dans un explorateur, les transactions signalées ou sans prix.
- Marquez les airdrops de spam évidents comme tels et passez à la suite.
Tenir des relevés que vous pourrez justifier plus tard
De bons relevés sont précis, cohérents et sauvegardés hors de l’outil qui les a produits. Conservez au minimum la signature de la transaction, la date et l’heure en UTC, les actifs et montants, les frais, la valeur dans votre monnaie et la source de prix pour chaque événement. La signature est le champ clé : n’importe qui peut la retrouver sur n’importe quel explorateur des années plus tard et voir exactement ce qui s’est passé.
Sauvegardez chaque année vos exports CSV et rapports fiscaux sous forme de fichiers qui vous appartiennent, pas seulement dans un compte en ligne. Les explorateurs changent et les outils fiscaux vont et viennent ; SolanaFM, par exemple, est largement à l’abandon depuis son rachat par Jupiter en septembre 2024. Le guide de l’explorateur de portefeuilles montre comment consulter l’historique de n’importe quelle adresse si vous devez un jour reconstituer vos relevés.
Enfin, renseignez-vous sur ce que dit votre propre administration fiscale au sujet des actifs numériques : la DGFiP en France, le SPF Finances en Belgique, l’Administration fédérale des contributions et les administrations cantonales en Suisse. Si vous déclarez aussi dans un autre pays, l’IRS aux États-Unis ou le HMRC au Royaume-Uni publient leurs propres guides. Solscanner n’est pas un conseiller fiscal, et rien ici ne remplace ces informations ni l’avis d’un professionnel qualifié qui connaît votre situation.
Par l’équipe de recherche SolscannerMis à jour le · Méthodologie d’évaluation